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Sonomètre EBU R128 en ligne : ce qu'il mesure et pourquoi c'est important

Ce que LUFS, LU, LRA et true peak mesurent réellement, comment un sonomètre EBU R128 / BS.1770-4 fonctionne directement dans le navigateur, et quand en avoir besoin pour le podcast, le mastering, Spotify, Apple Music et le broadcast.

18 juin 2026 12 min read mixlabloudnessebu r128bs.1770lufstrue peakmasteringpodcastbroadcast

Quiconque publie de l’audio en 2026 est mesuré sur la loudness. Spotify normalise. Apple Music normalise. YouTube normalise. Les diffuseurs respectent l’EBU R128 (ou son équivalent américain, l’ATSC A/85). Les hébergeurs de podcasts s’y mettent aussi.

Cela veut dire qu’un mix « trop fort » est baissé ; qu’un mix « trop faible » est remonté et sonne fade. Dans les deux cas, c’est une perte. La mesure est la seule chose que tu as en main en amont.

Cette page explique ce qu’un sonomètre fait réellement, quels chiffres comptent, et quand un sonomètre EBU R128 / BS.1770-4 gratuit directement dans le navigateur suffit. Le sonomètre fonctionnel se trouve plus bas : ouvre-le, glisses-y un fichier, compare avec ce que tu lis ici.

Ouvrir MixLab Analyzer dans le navigateur

Ce qu’est réellement l’EBU R128

L’EBU R128 est une recommandation de l’European Broadcasting Union datant de 2010, révisée à plusieurs reprises depuis. Elle décrit comment mesurer la loudness pour le broadcast, mais le monde s’est mis à l’utiliser pour tout l’audio : mastering, podcasts, services de streaming, audio de jeux vidéo, applications d’accessibilité.

L’épine dorsale technique est l’ITU-R BS.1770-4, la norme qui définit l’algorithme. L’EBU R128 y ajoute quelques règles de base (loudness cible, tolérance, pratique du gating).

Les trois chiffres qui comptent :

  • Integrated loudness (en LUFS) : un seul chiffre pour l’ensemble du morceau ou du clip
  • Loudness range / LRA (en LU) : l’ampleur de la plage dynamique
  • True peak (en dBTP) : le pic le plus élevé entre les échantillons, et pas seulement sur les échantillons

Au-dessus, il y a encore la short-term et la momentary loudness pour les sonomètres en temps réel, ainsi que la corrélation/largeur pour les contrôles stéréo. Mais si tu ne retiens rien d’autre : integrated LUFS, LRA, dBTP.

LUFS : pourquoi ce n’est pas du dB

Le dB ne dit rien de la sensation de volume. Un son à 100 Hz à −10 dB et un son à 3 kHz à −10 dB sonnent radicalement différemment. Ton oreille est plus sensible aux médiums qu’aux graves ou à la brillance.

Le LUFS (Loudness Units relative to Full Scale) règle ce problème en appliquant le K-weighting avant de mesurer. Le K-weighting est une combinaison de :

  1. Un pré-filtre : atténue le bas du spectre (high-shelf du 1er ordre autour de 1681 Hz, +4 dB)
  2. Un filtre RLB : compense ton oreille dans la plage audible (passe-haut du 2e ordre autour de 38 Hz)

Les deux sont des filtres biquad. Rien d’exotique. Ils approchent la référence ITU-R BS.1770-4 à ±0,08 LU près d’un sonomètre validé (voir plus bas comment nous l’avons vérifié).

Ensuite, on mesure la moyenne quadratique (mean square) des signaux filtrés, on prend le logarithme, et l’on obtient la loudness en LUFS.

Les cibles par plateforme (2026)

PlateformeCibleCe qu’elles font si tu t’écartes
Spotify−14 LUFSNormalise le matériel plus fort et plus faible à −14 LUFS
Apple Music−16 LUFSIdem, avec Sound Check
YouTube−14 LUFSIdem
Amazon Music−14 LUFSIdem
Tidal−14 LUFSIdem
Broadcast FR/EU (EBU R128)−23 LUFS ±1 LUObligation légale pour la diffusion TV, true peak max −1 dBTP
Broadcast US (ATSC A/85)−24 LKFS ±2 LUIdem (LKFS = LUFS)
Podcast (général)−16 à −19 LUFSAucune contrainte imposée, mais bonne pratique
Spotify Podcasts−16 LUFSNormalise
Apple Podcasts−16 LUFSSound Check actif

Ce que cela signifie : les plateformes de streaming te ramènent de toute façon à leur cible. Gagner une loudness war n’a plus aucun sens : tu ne perds que de la dynamique et tu ne gagnes rien en volume perçu.

True peak : pourquoi le sample-peak te laisse tomber

Un « peak meter » classique mesure la valeur d’échantillon la plus élevée de ton audio. Ça paraît logique, mais c’est trompeur.

Entre les échantillons, le véritable signal analogique peut être plus élevé. Sur des transitoires rapides (coups de caisse claire, clics, charlestons), le pic inter-échantillons peut dépasser de 1 à 2 dB n’importe quel échantillon. Si tu cales ton sample-peak à 0 dBFS, ton codec ou ton convertisseur distordra quand même.

La détection du true peak règle cela par suréchantillonnage. Tu suréchantillonnes le signal 4× (ou plus) avec un filtre polyphase, tu mesures le vrai pic, et tu sais ainsi de combien de headroom tu disposes réellement.

L’EBU R128 prescrit : max −1 dBTP pour les services de streaming et le broadcast. Certains (Spotify, YouTube) tolèrent plus strictement.

Une approche polyphase via un noyau sinc fenêtré en Hann d’environ 32 taps offre une détection de true peak précise en temps réel, y compris en JavaScript. C’est pourquoi tu peux faire tout cela dans un navigateur.

LRA : pourquoi mesurer la dynamique vaut bien un sonomètre

Le LRA (Loudness Range) indique de combien ton audio fluctue entre faible et fort, mesuré en LU.

  • LRA 0–4 LU : surcompressé. Ça sonne « wall of sound » mais sans vie.
  • LRA 4–8 LU : mastering pop/EDM. Ce que l’on trouve le plus sur Spotify.
  • LRA 8–15 LU : acoustique, jazz, podcast. La dynamique est vivante.
  • LRA 15+ LU : classique, musique de film. Forts contrastes dynamiques.

Il n’y a pas de « bonne » ou de « mauvaise » LRA, c’est avant tout une question de contexte. Un podcast avec une LRA de 3 paraît fatigant (tout au même niveau). Un morceau d’EDM avec une LRA de 12 se noie dans un mix de dancefloor.

Si ta plateforme normalise sur l’integrated LUFS, la LRA est ce qui reste de ta véritable courbe de loudness. Trop serrée = ennuyeuse. Trop large = peu pratique en voiture.

Quand un sonomètre en ligne suffit

Presque toujours. Concrètement :

  • Contrôle pre-flight avant l’upload : mon master est-il conforme à la plateforme de destination ?
  • A/B avec une référence : où en est mon mix par rapport à un hit du même genre ?
  • QA pour les podcasts : mon monteur livre-t-il une integrated LUFS cohérente ?
  • Contrôle rapide pour les clients : le client envoie de l’audio, tu veux vite savoir s’il est exploitable.

Quand ce n’est PAS suffisant :

  • Livrable broadcast où un sonomètre homologué est formellement exigé (tampons Nielsen, TC Electronic, Nugen). Il te faut alors un plug-in certifié ou du matériel.
  • Audio forensique où le sonomètre lui-même fait office de preuve.
  • Mixage multipiste pendant le travail : là, tu veux un sonomètre de DAW qui tourne en temps réel.

Pour les contrôles de mastering, la validation pré-upload et les passes de QA, un bon sonomètre EBU R128 / BS.1770-4 directement dans le navigateur convient parfaitement. Mieux encore, il a un avantage qu’aucun plug-in n’a : ton audio ne quitte pas ton appareil. Pas d’upload, pas de cloud, pas de compte.

Comment MixLab Analyzer s’y prend

Le MixLab Analyzer implémente BS.1770-4 côté client en TypeScript :

audio file
  ↓ decodeAudioData (WebAudio)
AudioBuffer (Float32 PCM)

  ├─ K-weighting (pre + RLB biquads)  → LUFS / LRA
  ├─ true peak (4× polyphase)         → dBTP
  ├─ peak / RMS / crest               → levels
  ├─ Mid/Side decomposition           → stereo width
  ├─ Pearson correlation              → mono-safety
  └─ FFT (radix-2, Hann)              → spectrum

Pas de ML, pas d’appel d’API, pas d’upload. Quelques centaines de lignes de TypeScript sur les tableaux Float32 que ton navigateur décode de toute façon déjà.

Nous avons validé les résultats contre l’implémentation EBU R128 de ffmpeg (la référence de l’industrie) sur une série de fichiers de test : écart maximal de ±0,08 LU sur l’integrated loudness. Suffisant pour les contrôles pre-flight et le travail en A/B.

Pour le véritable walkthrough de construction : Building MixLab Analyzer : BS.1770-4 LUFS in the browser.

Questions fréquentes

Un sonomètre en ligne est-il aussi précis qu’un plug-in de DAW ?

Pour les contrôles pre-flight : oui, à condition que l’implémentation exécute correctement BS.1770-4 (K-weighting, gating, true peak via suréchantillonnage). MixLab Analyzer est à ±0,08 LU de la référence de ffmpeg, largement dans la tolérance pour le travail de mastering.

Puis-je uploader de l’audio sur audiolab.tools ?

Rien ne quitte ton navigateur. Tout le DSP tourne côté client en WebAudio + JS. Pas de serveur, pas de logs, pas de stockage cloud.

Quelle cible dois-je viser pour Spotify en 2026 ?

−14 LUFS integrated avec un true peak max de −1 dBTP. Plus bas est permis (Spotify ne monte pas au-delà de la cible), plus haut sera écrasé.

Est-ce que ça marche pour les podcasts ?

Oui. Cible : −16 LUFS pour Spotify Podcasts / Apple Podcasts. Pour du contenu purement audiobook ou méditation : −18 à −20 LUFS est plus confortable.

Quelle est la différence entre LUFS et LKFS ?

Rien sur le plan technique : juste un autre nom dans une autre norme. Le LKFS vient de l’ATSC A/85 américain, le LUFS de l’EBU R128. Les deux mesurent exactement la même chose via BS.1770-4.

Le sonomètre fonctionne-t-il aussi hors ligne ?

Oui. Le navigateur met l’outil en cache. Lors d’une visite ultérieure, MixLab Analyzer fonctionne sans connexion réseau.

Pour aller plus loin